vendredi 28 décembre 2012

Mon psy au téléphone : Problème central de la névrose


Un énorme pas en avant fut réalisé en psychopathologie à partir du moment où dans l'étiologie des maladies nerveuses se fit jour la conception universellement admise, que les manifestations morbides nerveuses sont provoquées par des troubles psychiques, troubles qui doivent être traités par une intervention sur le psychisme. Cette attitude fut recommandée par des chercheurs comme Charcot, Janet, Dejerine, Breuer, Freud, etc. Les expériences françaises concernant l'hypnose et la suggestion étayaient encore cette hypothèse en confirmant la labilité du symptôme nerveux ainsi que la possibilité de l'influencer par la voie psychique. Les résultats restaient toutefois incertains, ce qui obligeait même des auteurs en renom, contrairement à leurs hypothèses théoriques, de traiter la neurasthénie, l'hystérie, la névrose obsessionnelle ou la névrose d'angoisse par les bons vieux procédés électriques et hydrothérapiques. Tout le résultat de l'élargissement des connaissances dans ce domaine se chiffrait par une accumulation de termes techniques, s'efforçant de mettre à jour le sens et la nature du syndrome névrotique. Pour les uns la solution du mystère se trouvait dans une « faiblesse irritative », dans une diminution de la « tension psychique » pour les autres dans une « suggestibilité », « hypersensibilité », « tare héréditaire », « dégénérescence », « réactivité morbide », « labilité de l'équilibre psychique » notions qui devaient exprimer le mécanisme du trouble nerveux.

Pour le malade même, et au service de son trouble, ne persistaient qu'une maigre thérapie suggestive, et des tentatives, le plus souvent infructueuses, d'agir par la « bonne parole », de libérer les « états affectifs bloqués » et l'essai de préserver le sujet de ses rechutes, qui toutefois ne tardaient, pour ainsi dire, jamais. Cette thérapeutique avait pourtant l'avantage d'un « traitement moral » à condition que le malade se trouvât entre les mains d'un praticien expérimenté et pourvu d'intuition. Dans le publie se répandait le préjugé nourri par les conclusions, parfois hâtives, résultant des névroses post-traumatiques à la suite d'accidents de la route  que le névrosé « s'imagine » être malade et qu'il amplifie ses symptômes, alors qu'en fortifiant son énergie, il serait capable de surmonter ses troubles.


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